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Yambo Ouologuem, le devoir d’un éternel incompris

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J’ai découvert Yambo Ouologuem en 2015. Mon ami Boubacar Sangaré m’ offert le roman le devoir de violence. C’est entre les pages de cet emblématique roman que l’auteur d’exception qu’il me décrivait. Un écrivain qui n’avait pas peur de choquer par ses textes. Il était atypique qui avait juste ce besoin d’écrire ce qu’il pensait. Décédé le 14 octobre 2017, il aura apporté sa pierre à l’édifice de la littérature africaine avec son « devoir de violence ». Il n’a jamais vraiment obtenu la reconnaissance qu’il méritait au Mali même si depuis peu, à chaque rentrée littéraire, le prix Yambo Ouologuem récompense une œuvre écrite en français d’un auteur du continent africain. Mais qu’importe, il transcende les générations. Qu’on aime ou qu’on le déteste, l’œuvre de Yambo Ouologuem ne laisse aucun de ses lecteurs indifférent.

« Devoir de Violence » le roman d’une vie

Paru en 1968, Le devoir de violence est un roman sans compromis qui dénonce au travers de la dynastie des Saïfs bon nombre de sujets que personne n’abordait vraiment. L’esclavage et la colonisation existaient bien avant l’arrivée des européens sur les terres africaines. A bien d’égards, le devoir de violence a suscité la polémique dans un contexte où primait la négritude. La plume de l’auteur n’est pas des plus fluides. Mais son récit a l’avantage de tenir en haleine. Lauréat du prix Renaudot, Yambo Ouologuem est le premier africain à avoir reçu cette distinction.

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Yambo Ouologuem, incompris parmi les siens

Avec la même fougue, Yambo Ouologuem publie en 1969 sous un pseudo Les Mille et Une Bibles du sexe. Plus tard, il sera accusé d’avoir plagié C’est un champ de bataille de Graham Greene, et Le Dernier des Justes d’André Schwartz-Bart dans Le devoir de violence. Yambo se défend face au scandale retentissant et aux critiques virulentes. Le discrédit est jeté sur son œuvre. Au moment de présenter son second roman, il s’exprimait en ces termes « Et, si j’ai pris sur moi de présenter Les Mille et Une Bibles du sexe, c’est également parce que, en raison de certains aspects érotiques de mon premier roman, divers pays africains ont rejeté de leurs frontières Le Devoir de violence. J’étais, aux yeux de chefs d’État irresponsables ou incultes, j’étais, pour avoir osé dire du nègre qu’il faisait l’amour, un carriériste vendu à une France raciste, laquelle s’amusait de voir dénigrer par un Noir les mœurs des peuples noirs. Soit. Il est bon d’être primitif, certes, mais impardonnable d’être primaire. Tant pis pour les primaires qui se rêvent censeurs. ». C’est plus que sa nature authentique et fière ne peut supporter. Il choisit de se retirer de la scène littéraire vers la fin des années 70 et de retourner dans son Mali natal où il s’éteint finalement ce 14 octobre 2017.

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