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O ka, Souleymane Cissé raconte un Mali miné par l’injustice

o ka-souleymane-cissé-raconte-linjusticeUne scène du film O ka, réalisé par le cinéaste malien Souleymane Cissé. LES FILMS CISSÉ - SISÉ FILIMU

« O ka » (« notre maison » en Soninké) c’est l’histoire des quatre sœurs de Souleymane Cissé expulsées de leur maison familiale à Bamako. Dans ce film, le réalisateur malien nous emmène dans un Mali où règne les petits arrangements, la corruption et l’injustice.

O ka, un film entre documentaire, fiction et reportage

Septembre 2008, un conflit foncier oppose la famille Cissé à la famille Diakité. Un beau matin les quatre sœurs Cissé et toute leur famille se retrouvent expulsées de la maison familiale situé à Bozola, un quartier très convoité à Bamako parce que situé en plein centre ville. Dans ce tourment familial Souleymane Cissé va d’abord se demander quoi faire pour aider les siens. Le réalisateur décida d’utiliser son arme, la camera. Cette fois ci, il ne va pas se contenter de sa place habituelle. Il passe devant l’objectif comme pour jouer pleinement sa partition en temps que membre de la famille. A la manière d’un journaliste, il recueille des témoignages et fait visiter sa maison natale, celle-là qui l’a vu grandir. Là où il a commencé à l’âge de 5 ans à mimer une camera avec un carton et lampe à pétrole servant d’éclairage.

O ka est un film personnel, autobiographique qui navigue entre documentaire, fiction et reportage. A la différence d’un « reportage journalistique » le réalisateur ne donne pas la parole à la famille Diakité. Par conséquent, on n’entend pas leur version des faits. Ce qui fait que la famille Cissé apparait comme ceux qui ont forcement raison d’autant plus que dans le film, ils sont vêtus de blanc comme pour clamer tout haut leur innocence. Finalement le 05 octobre 2015, la famille Cissé obtient gain de cause. La cour de justice annule l’arrêté d’expulsion.

o ka, c’est aussi la maison de tous les maliens

Souleymane Cissé fait un parallèle entre l’histoire de sa famille et celle du Mali. Un pays où l’injustice et les petits arrangements sont monnaie courante. Ces « petites injustices » additionnées les unes aux autres qui plongent le pays dans la crise. O ka est un appel à la justice, sans quoi le Mali ne pourrait jamais se construire.

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Georges Attino
Georges Attino
Journaliste, photographe et blogueur, je partage avec vous sur ce blog l’autre version du Sahel. Le Sahel plein de vie, de joie et de bonne humeur. Enroulez votre chèche, prenez une bouteille d’eau et allons à la (re) découverte de cet oasis de culture.
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