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Le photographe Moussa Kalapo s’attaque à l’exploitation des enfants

©Moussa Kalapo©Moussa Kalapo

Ils ont entre 5 et 17 ans et sont déjà maçons, vendeurs, commerçant, concasseurs… Dans les grandes villes sahéliennes, il n’est pas rare de rencontrer des enfants qui exercent déjà un métier. C’est partant de ce constat que Moussa Kalapo s’est insurgé contre cette pratique sociétale. Le photographe a décidé de dénoncer ces faits dans une série de photographies intitulée « esclavage moderne ». Une exposition à voir à l’institut français de Bamako du 16 au 28 octobre 2017.

©Moussa Kalapo
Un garçon Fabricant les briques en banco dans une concession de son employeur ©Moussa Kalapo

Des enfants exploités par leurs parents

« Les enfants domestiques commencent à travailler tôt le matin et n’arrêtent qu’à 18 heures pour un maigre salaire journalier de 1000 Fcfa qu’ils reversent intégralement à leurs parents, car ils travaillent pour ces derniers. Ils m’ont dit qu’ils sont obligés de le faire afin de subvenir aux besoins de leurs familles. Je me suis dit qu’il faut que je dénonce ça en faisant un reportage sur ces enfants. Les enfants que j’ai suivi travaillent parce qu’ils sont obligés de le faire. Ils sont animés par la tristesse d’avoir abandonné l’école pour travailler.  » explique le photographe Moussa Kalapo.

Moussa kalapo
Moussa Kalapo et la directrice de l’institut français au vernissage de l’exposition Esclavage Moderne. © Amadou Amasoft Traoré

Pour lutter contre l’exploitation des enfants, le photographe compte sur l’implication des parents qui pour la plupart ne conçoivent pas forcément qu’ils exploitent leur enfant. Pour remédier à ce problème Moussa Kalapo n’y va pas par quatre chemins. « Les parents doivent veiller au bien-être des enfants, en évitant par exemple de leur faire subir des travaux dommageables et pour le corps et pour l’esprit. Ils doivent agir, et vite agir, pour mettre définitivement fin à la maltraitance des enfants à travers un travail domestique qui viole et détruit leur enfance ». Cette exposition engagée de Moussa Kalapo ne laisse personne indifférent. Pour que la cause des enfants soit encore plus visible je pense que ce serait bien qu’une telle exposition se fasse également dans les rues de Bamako. Malheureusement l’Institut Français n’est pas le lieu où le malien s’empresse de se rendre pour regarder une exposition.

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Georges Attino
Georges Attino
Journaliste, photographe et blogueur, je partage avec vous sur ce blog l’autre version du Sahel. Le Sahel plein de vie, de joie et de bonne humeur. Enroulez votre chèche, prenez une bouteille d’eau et allons à la (re) découverte de cet oasis de culture.
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