Musique

Songhoy Blues fait de la résistance

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Sur un fond rouge, un léopard trône majestueusement. Derrière en noir le quatuor songhoy blues, le regard perçant. En haut et en majuscule écrit Songhoy Blues et en bas « Resistance ». Le message est clair. Songhoy blues n’est pas revenu pour blaguer. « Un léopard ne peut pas changer ses tâches » dit un adage. Deux ans après leur premier album, la fougue de Songhoy Blues n’a pas pris une ride. Il ne pouvait en être autrement pour ce groupe enfanté dans la douleur. Après un exil forcé sous l’occupation djihadiste des régions nord du Mali, Songhoy Blues revient prendre possession de ses terres.

« Notre premier album « music in exile » était dédié à tous ceux qui ont été obligés de partir des régions nord du Mali pour se réfugier ailleurs. Nous sommes revenus chez nous résister. Le Mali est comme une marmite sur le feu. Les maliens sont entrain de résister. »  explique Aliou Touré le leader du groupe.

« Nous n’avons pas de kalachnikov ou d’autres armes à feu notre arme c’est la musique » explique Nathanaël Dembélé le batteur du groupe. Cette musique, ils l’ont semé à Gao ville dont ils sont originaires. Ces semences ont germé dans l’esprit des habitants du nord du Mali et ont fini par porter fruit. A Gao, la cité des Askia, les sonneries des téléphones changent au gré des sorties musicales des enfants du pays. Aliou, Garba, Oumar et Nathanaël le savent bien. Ils en sont conscients. Ils n’hésitent pas à inviter Iggy pop pour chanter « le Sahara c’est mon eldorado ».

 

 

Au même moment où le Mali fait la une des journaux au rythme des attentats, Songhoy blues prend le micro et chante un Bamako vivant où les clubs et les boîtes de nuits sont plein à craquer les week-ends. Cette peur que suscite le Mali, le groupe l’a très vite expérimenté.

« Pour le tournage du clip « Bamako » tous les vidéastes qu’on sollicitait refusaient de venir a Bamako » se souvient Oumar, le bassiste de songhoy blues.

« Résistance » c’est un album engagé et politique.  Songhoy Blues résiste et s’affirme. Dans le titre « voter » qui fait échos à l’actualité malienne (à quelques mois d’un possible referendum constitutionnel et à un an des élections présidentielles), le groupe crie « An tè voté… » qui veut dire nous n’allons plus voter.

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Georges Attino
Georges Attino
Journaliste, photographe et blogueur, je partage avec vous sur ce blog l’autre version du Sahel. Le Sahel plein de vie, de joie et de bonne humeur. Enroulez votre chèche, prenez une bouteille d’eau et allons à la (re) découverte de cet oasis de culture.
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