Société

#Mali Sensibiliser sur la condition des fous avec la photographie

#Mali Sensibiliser sur les conditions des fous avec la photographie© Gadiaba Kodio

L’art peut et doit faire bouger les choses au sein de la société malienne. Le photographe Gadiaba Kodio en est convaincu. Muni de son appareil photo il décide de s’attaquer à un problème qui lui tient à cœur: les conditions de vie des fous dans les rues de Bamako. Pour cela, le photographe fait appel au jeune styliste et chorégraphe confirmé Jean Kassim Traoré. A eux deux ils mettent sur pied une performance dans les marchés et autres places publiques de la capitale malienne. Jean Kassim Traoré se déguise en fou et Gadiaba Kodio le suit discrètement pour photographier les réactions des gens.

« Des gens que je connaissais m’ont rejeté »

Cela a été une expérience enrichissante pour les deux artistes. Particulièrement pour Jean Kassim Traoré qui a vécu au plus près le rejet dont les fous sont victimes au quotidien.

Je suis parti dans un poste de police où travaillait mon grand frère. Des gens que je connaissais m’ont rejeté. Ils m’ont chassé « quitte ici ».

« Ils ne m’ont pas reconnu. C’est quand je suis revenu et que j’ai ôté mes habits de « fou » qu’ils ont commencé à me parler » s’est exclamé le chorégraphe.

Le chorégraphe se faisant chasser d’un commissariat © Gadiaba Kodio

« Il est urgent que l’on se dote de structures… »

Gadiaba Kodio part d’un constant et tire la sonnette d’alarme.

« Les fous ne sont pas des ordures qu’il faut jeter dans les poubelles. Les fous sont rejetés même par leur propre famille. Si ta famille te rejette, qui va prendre soin de toi? La société doit prendre conscience et prendre soin des fous. Qui soigne les fous au Mali? qui leur donne à manger? Quand ils tombent malades qu’est ce qu’on fait? qu’est ce qu’on doit faire? » explique le photographe.

Gadiaba Kodio veut amener une prise de conscience. L’artiste appelle les maliens à agir avec plus d’humanité.

« Nous avons tous un peu de folie en nous. Cette pensée va au cela des religions c’est au delà de l’islam, du christianisme, du bouddhisme. Les fous ne vieillissent pas au Mali. Ils mangent dans les poubelles. Par exemple, tu empoisonnes un morceau de pain pour tuer des rats chez toi, et le rat ne mange pas l’appât. Tu jettes ce morceau de pain empoisonné dans la poubelle et un fou tombe dessus et le mange. C’est normal qu’il meurt. Mais s’il y avait une structure on aurait pu éviter ça ».

« Tout le monde trouve que les fous sont drôles mais personne ne veut en avoir dans sa famille »

dit un proverbe malien.

Il y’a des gens qui m’ont insulté en disant pourquoi tu le prends en photo tu ne sais pas que c’est un fou?

« C’était une manière pour moi de nous mettre devant nous même. Il faut que l’on prenne conscience. Aujourd’hui tu te portes bien mais demain tu peux devenir fou. »

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Georges Attino
Georges Attino
Journaliste, photographe et blogueur, je partage avec vous sur ce blog l’autre version du Sahel. Le Sahel plein de vie, de joie et de bonne humeur. Enroulez votre chèche, prenez une bouteille d’eau et allons à la (re) découverte de cet oasis de culture.
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