Cinéma

Cannes: « Il faut que l’on fasse de bons films, pas des films télé ou des films commerciaux »

Ousmane-Samassekou-festival-de-cannes

Quatre jeunes réalisateurs et producteurs africains présentent leurs projets au festival du cinéma de Cannes. Cette initiative de la fabrique du cinéma offre l’opportunité à de jeunes réalisateurs accompagnés de leurs producteurs de présenter et défendre leurs projets devant des financiers éventuels et acteurs du cinéma. Entretien avec Ousmane Samassekou, jeune réalisateur malien et présent à Cannes en tant que producteur du film documentaire « les graines de la violence » de la nigérienne Aïcha Macky.

Tu étais au FESPACO en tant que réalisateur avec ton film documentaire « les héritiers de la colline ». Tu es présent à Cannes, en tant que producteur. Qu’est-ce que tu es venu chercher concrètement à Cannes ?

Je suis venu chercher cette petite reconnaissance en tant que jeune cinéaste africain. Cannes c’est aussi le lieu pour rencontrer des cinéastes connu de par le monde pour partager avec eux des expériences, rencontrer des partenaires financiers, des structures de production qui pourront nous aider dans nos productions nord sud. J’aimerai aussi pouvoir développer le côté artistique du projet qui m’ a amené ici en échangeant avec des gens parce qu’il est important d’avoir des regards extérieurs. Il est important que le projet ne se limite pas seulement au territoire du film mais aussi qu’il puisse s’exporter en ayant une dimension continentale. Je participe à des ateliers, à des panels on regarde des films, des films qui nous enrichissent et on échange avec des réalisateurs et tout ceci nous permet de repartir avec un stock d’expériences que nous pourrons partager avec la jeunes cinéastes au pays.

 

Qu’est-ce que tu as appris pendant ces jours passés au festival de Cannes ?

Le festival de Cannes m’a appris l’humilité, ça m’a appris qu’il y’ a beaucoup de choses à faire et ça m’a ouvert les yeux sur ce qu’est vraiment le cinema en dehors du coté qu’on aime qui est plus le côté artistique le cinéma c’est tout une industrie et pour vivre de cela il faut déjà créer la consommation sur place. Il faut produire également. C’est tout un ensemble. Nous jeunes africains, pour nous le cinéma c’est un loisir, un plaisir, c’est plus un métier qu’on adore faire mais en plus de cela il y’a des choses qui nous manquent parce que nous n’avons pas grandi avec cette culture industrielle cinématographique où le cinéma c’est aussi du commercial. Il faut en vivre et tout. A Cannes, les partenaires que tu rencontres et les professionnels avec qui tu échanges tu comprends amplement que le cinema c’est tout un bloc et tout une industrie et cette industrie il faut la créer.

 

Dans cette édition du festival de Cannes il n y’ a pas de film sahélien… l’Afrique subsaharienne est faiblement repsentée. Qu’est ce qui manque a nos films selon toi?

Pour moi il manque cette ambition politique de donner les moyens matériels et financiers aux productions pour qu’elles puissent produire chaque année. On a un manquement total de production en Afrique où chaque année ou chaque deux ans on fait un film par pays. C’est clair qu’on ne peut pas être représenté dans de grands festivals comme Cannes qui se passe tous les ans. Il faut que l’on fasse de bons films, pas des films télé ou des films commerciaux mais des films cinéma qui peuvent être représentatifs dans les grands festivals de cinéma comme Cannes. Pour cela il faut une vraie volonté politique de nos institutions pour aider les cinéastes à faire des films. Le cinéma c’est de l’argent. Il faut en mettre pour en avoir. Il faut savoir quand un film est représenté ce n’est pas que le réalisateur ou le producteur mais c’est tout le pays qui est représenté. Il faut qu’on mette les moyens. Au Mali c’est lancé et on espère que ça va aboutir pour qu’on lance des productions.

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Georges Attino
Georges Attino
Journaliste, photographe et blogueur, je partage avec vous sur ce blog l’autre version du Sahel. Le Sahel plein de vie, de joie et de bonne humeur. Enroulez votre chèche, prenez une bouteille d’eau et allons à la (re) découverte de cet oasis de culture.

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