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#Mali: « les archives photographiques, des patrimoines à conserver ! »

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Au musée national à Bamako une vingtaine de photographies squattaient les murs. La quarantaine de degrés à l’ombre n’a pas empêché quelques rares curieux de venir voir cette exposition d’anciens photographes maliens. Une première pour ses archives photographiques et ce pour le plus grand bonheur des amateurs de photographie. Il a fallu pour cela plus de deux ans de travail. Deux ans  pour récolter, nettoyer et numériser plus de 100.000 négatifs des photographes Malick Sidibé, Adama Kouyaté, Mamadou Cissé, Abdourahmane Sakaly et Tijani Sitou. Un travail méticuleux mené rigoureusement par de jeunes photographes maliens dont Moussa Kalapo que j’ai eu l’occasion d’interviewer.

Pourquoi vouloir numériser ces anciennes photos?

Ce travail nous a pris deux ans et demi parce que nous avons pris les archives dans les familles. Il y’avait plusieurs familles à numériser, la famille Malick Sidibé, le fonds Adama Kouyaté, Mamadou Cissé, Abdourahmane Sakaly et les photos de Tijani Sitou. Chaque année on prenait deux familles. Ce travail on l’a fait pour la génération future. Quand les jeunes sont venus visiter l’exposition, ils ont découvert cette époque qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont vu des photos qui témoignent de cette époque. Ça les a ému de voir des photos de Malick Sidibé, Takali et Kouyaté. Moi j’ai eu la chance de mettre la main la dessus. C’est important de garder ce patrimoine malien et africain pour les générations futures.

C’est la première fois que le public malien voit la plupart de ces photos, quelle était la réaction des visiteurs?

Exactement! la plupart des expositions des photographes maliens se passent en Europe donc les maliens n’ont pas accès à ces photos c’est pour cela nous avons fait cette exposition pour que tous les maliens puissent voir ces photos. Les visiteurs étaient contents et ils étaient émerveillés de voir ces photos. On essayait d’expliquer ces images d’une autre époque. En tant que jeunes photographes maliens nous avons avons appris beaucoup de choses de ces œuvres.

| Ce sont des patrimoines maliens et africains ils doivent être conservés ici

Qu’est ce qui se dégageait de archives photographiques?

Il y’avait l’amour du photographe. A cette époque les photos ne se faisaient pas comme aujourd’hui. Nous sommes maintenant à l’ère du numérique. En leur temps c’était de l’argentique. Malick Sidibé a été témoin d’une époque où  les jeunes allaient se balader au bord du fleuve. Il a fait des photos où les gens se faisaient photographier en slip,  presque à moitié nu. Aujourd’hui c’est rare de voir ces genres de photos parce qu’elles dégagent un message. Sur chaque portrait il y a un message qui est là, l’habillement, les objets, les postures… C’était des photos qui racontent une histoire. Ils n’ont pas fait de la photo pour de l’argent mais plutôt par passion pour s’exprimer et passer un message.

Vous avez cité de grands noms de la photographie malienne, mais il manque celui de Seydou Keïta. Pourquoi ses photos ne faisaient pas parti du projet?

Nous avons numérisé les photos que nous avons reçu auprès des familles. Nous n’avons jamais reçu les photos de Seydou Keita. Les anciennes photos sont comme un trésor c’est pour cela que nous sommes en train de les archiver parce qu’il faut les garder nous ne devons pas laisser ce trésor partir en Europe. Dans certaines familles comme celle de Seydou Keïta nous n’avons jamais reçu ces photos parce qu’elles sont partis en Europe depuis longtemps. Ce sont des patrimoines maliens et africains ils doivent être conservés ici, gardé ici parce que c’est un trésor peut être un jour si c’est possible avec nos autorités puissent  inscrire ces archives dans le patrimoine mondiale de l’Unesco.

 

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Georges Attino
Georges Attino
Journaliste, photographe et blogueur, je partage avec vous sur ce blog l’autre version du Sahel. Le Sahel plein de vie, de joie et de bonne humeur. Enroulez votre chèche, prenez une bouteille d’eau et allons à la (re) découverte de cet oasis de culture.
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